lundi 10 septembre 2007

Faut que je vous raconte...

Je suis allée à la remise des Prix Gémeaux hier. Ça c'est le bout glamour. Je devais voir une bonne amie à moi qui, pour des raisons de job était là, elle aussi. On s'est dit, on va en profiter pour se voir vu qu'on a jamais le temps. Je l'ai croisée pendant le repas donné à la soirée. On s'est jasée puis on s'est dit on va se revoir au party.

En fait je vais vous raconter l'histoire comme si je la lui racontais car j'ai comme le sentiment qu'elle ne se rappellera pas tout...
Je ne t'ai pas revue jusqu'au moment où j'étais sur le point de partir. Je faisais un troisième tour de la salle avec une autre fille qui a avit perdu sa veste en cachemire... Elle la trouvait pas drôle, je lui ai dit peut-être que quelqu'un qui était avec nous l'a ramassée en se disant c'est à une de nous... Bref, en cherchant je t'ai revue. T'avais l'air perdue... Il a fallu que je te mette la main sur l'épaule pour que tu me vois. Je t'ai demandé si ça allait. T'as sourit et tu m'as dit, j'ai perdu ma sacoche. Avec la face d'une petite fille. Ça été compliqué de savoir de quoi elle avait l'air. T'as d'abord dit dorée, puis finalement beige... On a fait le tour de où tu pensais l'avoir laissée puis tu t'es dirigée vers l'autre côté complètement et là, j'ai eu la certitude que tu étais pompette et qu'il ne fallait pas que je te laisse partir toute seule.

J'ai dit aurevoir à l'amie qui cherchait son cachemire et j'ai entrepris de trouver ta fameuse sacoche ! Je suis revenue vers toi et je t'ai demandé où tu pensais l'avoir laissée. Tu m'as pris par la main et tu t'es mise à danser. Plus je te disais qu'il fallait qu'on la retrouve, qu'il te fallait les clés de chez vous et tes affaires pour rentrer chez toi plus tu souriais et tu dansais en haussant les épaules. La première chose que j'ai su c'est que tu étais assise sur un tabouret, l'air très digne, à écouter la musique et à regarder les gens danser. J'essayais de voir la couleur de tes souliers sachant très bien qu'une fille qui se respecte a des souliers qui matchent la sacoche...

Ça serait pas plutôt "tan" que beige, ta sacoche ?
-Non, est beige.
-Mais il y en a une tan là-bas...
-Non, la mienne est beige.

Finalement j'ai réussi à te faire lever et je t'ai montré la fameuse "tan", à deux pas de nous sous une table. Eh oui, c'était la tienne. Je l'ai ramassée et là, tu l'as mise autour de ton cou en la serrant contre toi et, heureusement, t'as été d'accord sur deux choses. Un: fallait s'en aller et deux: c'était certainement pas au volant de ta voiture que tu partirais d'ici.

Alors on a entrepris de sortir du Palais des Congrès. C'est grand en esti le Palais des Congrès.. . Et il y a des marches en esti aussi. On a tellement ri en descendant les marches, t'étais drôle à mourir parce que tu prenais conscience de comment c'était pas évident de descendre ça, saoûle et en talons hauts en plus... On a descendu deux escaliers puis j'ai trouvé un ascenseur. Fiou !

Arrivées en bas, il restait tout le Palais à traverser vers Viger. C'est comme un grand centre d'achats vide. Et bon Dieu, c'était pas évident de te soutenir, de tenir ma sacoche et de te maintenair dans la bonne direction. T'as fait tellement de pas de côté qu'on a du faire deux fois la distance qui nous séparait de la porte. Arrivées à la porte dehors, pas un chat et le stationnement était bien entendu de l'autre côté complètement. On a marché encore, en riant comme deux bonnes. T'étais pissante. Et c'est là que t'es tombée comme de la guénille sur le trottoir. J'ai pas pu te retenir et ton front et ton nez ont rencontrés le trottoir. T'as surtout senti le front. mais t'avais une bonne égratignure sur le nez. Elle sera là sans doute pour quelques jours. Je t'ai retenu de te relever tout de suite. Je t'ai enlevé tes maudits talons hauts, j'ai repris ta sacoche, je me suis écrasée à terre avec toi le temps qu'on arrête de rire et qu'on reprenne notre souffle pour te relever. Et t'arrêtais pas de dire: Ça pas de bon sens !

On a marché ensuite jusqu'à ma voiture, tu t'inquiétais de la tienne, j'ai dit elle va t'attendre demain dans le stationnement. Et là, on était pas au bout de nos peines parce que tu t'es mise à bailler.
-Tu t'endors pas, je n'ai aucune idée de où tu restes, il faut que tu me guides, restes éveillée. Tu sauras me dire ?
-Ben oui, ben oui, ben non je vais pas m'endormir mais je suis tellement fatiguée. J'habite Beaconsfield.
-La ville ou la rue ?
-La rue, (ben voyons !) c'est dans l'ouest complètement.

On est parties, j'ai trouvé moyen de tourner sur un sens unique en suivant tes indications, j'ai croisé un autobus qui gesticulait après moi mais bon, quand on a tourné, il n''y avait pas d'indication de sens à cette intersection. Ensuite j'ai pris Sherbrooke, Sherbrooke va dans l'ouest non ?

Tu baillais encore et là, bonjour les explications, t'étais assez vague merci. À un moment donné j'ai décidé de te dire à haute voix les rues pour savoir si j'étais dans la bonne direction.
-Tu me diras si ça te dit quelque chose OK ?
-OK.
Metcalfe ?
Oui
Peel.
Oui.
On est dans la bonne direction ?
Oui.
C'est dans combien de temps ?
Afff, trois quatre rues...

15 rues plus tard...

-Je tournerais ici.
-Ici à droite ?
-Oui.

On tourne, on se retourve dans un petit coin perdu de Westmount. Je décide de revenir sur Sherbrooke.

Est-ce qu'on est dans la bonne direction vers chez toi ?
-Ma maison est par là...

Et tu me pointes derrière nous. Rassurant ?!!!

-Alors on est pas dans la bonne direction ?
-Non, non, on est correct, c'est par là, continues...

Et là t'as pointé la direction qu'on avait...

- Ah, l'autoroute, tu vas prendre ça vers chez vous.
-Mais avant, je vais te reconduire chez vous...
-Oui mais toi, pour t'en retourner, c'est par ici.
-Après, quand tu seras chez vous. Moi ce qui compte c'est que je te ramène chez vous.
-Mais laisse-moi ici, je vais prendre un taxi, chus rendue et toi tu peux prendre l'autoroute.
-Si j'étais dans l'état où tu es, j'aimerais que tu me ramènes chez nous, saine et sauve, alors je te ramène chez vous... C'est ça qui m'importe.
-T'es tellement fine.
-Ben non. T'es mon amie. Je vais m'arrêter ici pour demander c'est où Beaconsfield.

Il y a vait une ambulance avec un gars qui sortait du dépanneur. (Au pire il pourra nous aider...) Je lui ai demandé si c'était la bonne direction. Tu lui a dit oui, il a dit oui et vous avez conclu que c'était pas loin d'ici.

-Y a pas quelque chose que tu reconnais ? Un commerce, un autre nom de rue (je continuais d'énumérer tous les noms de rues qu'on croisais, tu me reprenais sur l'accent quelque fois et tu me disais toujours un beau Oui !, bien franc )
- Y a un Duncan au coin de chez nous.
-Bon ! (Enfin, un indice !) Et quand je verrai le Duncan, c'est à droite ou à gauche ?
-À gauche !
Yes !

On a été suivi un petit bout par une voiture de police, j'espérais qu'en attendant au feu rouge il ne nous soupçonne pas d'alcool au volant vu ton état... Je l'ai laissé nous dépasser.

Et là, au bout du tunnel, une petite lumière, j'ai vu un Duncan au loin. Ça y était, la rue Beaconsfield !!!! Alléluia !!!

J'ai tourné à gauche, je t'ai demandé ton adresse, tu m'as dit c'est ici ! Je me suis garée en double et j'ai fait le tour pour t'aider à descendre. C'est là que t'as eu une petite insécurité.
-Mes souliers ? Comment ça se fait que j'ai pas de souliers ?
-Je te les ai enlevés.
-Sont où ?
-Dans ma sacoche !
-Hein ?
-Comment ça ?
-Laisse-faire, on est rendues !
-J'vas les remettre.
-Non, on est devant chez vous, laisse-faire ça et viens t'en..
-Non, non, j'vas mettre mes souliers.

Plouc, t'en avais déjà un soulier d'enfiler. Je t'ai soutenu pour les 5 minutes que ça a pris pour glisser ton pied dans l'autre, rien à faire pour te contredire. On est parties dans une direction avant que je me rende compte qu'on était pas dans la bonne direction. J'ai trouvé l'adresse, t'as sorti tes clés et là, j'ai eu une petite angoisse.

-Est-e que t'as un système d'alarme ?
-C'est correct.
-Non, mais est-ce que tu sais si tu as un système d'alarme ?
-Non, non, c'est beau.

Heureusement rien n'est parti. Je suis allé aux toilettes, il n'y avait plus de papaier de toilette et j'ai gardé la porte ouverte pour te suivre des yeux. Je t'ai regardé le nez... Tu as jeté un coup d'oeil dans le miroir de ta chambre.

-Youps ! J'pense que ça va paraître demain...
-Ouins... Et les autres jours aussi. C'est un peu compliqué à expliquer au bureau, mais bon.

-Bon, je te couche ou t'es correcte ? Tu veux que je t'aide ?
-T'en as assez fait de même, tu peux y aller.. J'vas y arriver. T'es ben fine.
-Ben non, c'est normal. Y était pas question de te laisser de même, quelqu'un aurait pu abuser de toi.

Je t'ai fait barrer la porte derrière moi. Toutes les lumières étaient allumées quand je suis partie mais on, t'étais chez toi, en sécurité. J'ai eu mal aux joues tellement on a ri et en plus, j'ai souris tout le long dans l'auto en m'en revenant.... Quand je suis entrée dans mon lit à trois heures, trois heures et demi, j'étais fatiguée morte mais fallait que je raconte ça à Daniel. Il a juste sourit et dit:
-hum, hum.. Fais dodo là.

Fiou ! Quelle soirée. J,ai hâte que tu me donnes des nouvelles... Pour voir comment t'as récupéré et de quoi tu te rappelles.

Je t'imagines ce matin dans ton lit:
-qu'est-ce qui m'est arrivé ? J'ai une poque dans le front, le nez écorché, les pieds sales et où est mon viarge de char ?

lundi 27 août 2007

On rajeunit pas...

Tous les jours, j'ai des preuves que je vieillis. Ça a commencé avec la petite tache sur ma poitrine que je suspectait d'être louche. Quand je l'ai pointée à mon dermato, il ne m'a pas épargnée; "Ça, c'est juste une tache de vieillesse..." Juste !!! M'as t'en faire moi, juste une tache de veillesse ! Veux-tu m'as te faire juste une tite claque sus la yeule ?

Après ça, je me suis mise à travailler avec du monde plus jeune que moi... Tsé quand tu réalises que t'es la plus vieille sur l'équipe de tournage ? Hum... Et quand tu parles de Pop Citrouille, Bobino et Télécino, La Ribouldingue... Et que ça sourit d'un petit air gêné l'air de dire: "ça devait être bon mais je n'ai aucune idée de quoi tu parles..." Ça c'est les émissions de télévision, mais il y a aussi des concepts qui ont disparus: les 5-10-15, péter la yeule après 4 heures, jouer des tours au téléphone. Maintenant c'est impensable de jouer des tours au téléphone, de commander 12 pizzas chez la madame en face, de demander M. S.Turgeon; il y a les afficheurs partout !

Quand j'étais jeune, ma mère m'attendait après l'école, je pouvais manger 4-5 biscuits au Chip-its avec un verre de lait, maintenant mes enfants mangent une collation santé, pas de sucre, pas de sel, pas de gras trans, au service de garde. Je regardais Bobino à 4h00 et ensuite, c'était soit La Ribouldingue, Le Pirate Maboule, Fanfreluche, Marie Quat'poche... Aujourd'hui mes enfants écoutent des dessins animés américains traduits en France, ils trippent sur une éponge qui fabrique des pâtés de crabe et dont le meilleur ami est une étoile de mer arrièrée. Ma fille de 12 ans suit des séries américaines avec des noms en anglais; Raven, Degrassi, les frères Scott, ce que j'aime chez toi, 70'... heureusement il y a Samantha pour la folie !

Au moins elle ne suit pas les Kif-Kif, Kaboum, et Ramdam de ce monde où la fiction des jeunes dépassent la réalité: en un an, ils vivent un viol collectif sous l'emprise de la drogue du sexe, une grossesse ectopique, un divorce, une relation bi, un déménagement, la pose de broches, l'augmentation mammaire, les premières injections de Botox et leur meilleure amie est victime de clitoridectomie... Bref, on est loin de Sol et Gobelet... Qui étaient quand même deux clowns vieux garçons qui habitaient ensemble dans une maison pas de murs et dont l'un des deux trippait sur l'animatrice de la Bande des Bitchs... Mais bon, c'était pas mal plus sain... ???

Mon fils de dix ans lui trippe sur les émissisons catastrophes: le genre où un homme se fait attaquer par un python en chaleur, il perd un bras et une équipe de spécialistes tentent une nouvelle technique de greffe de cuisse de singe sur l'humain. Ou le genre de documentaire sur le gars qui est disparu dans une île Hawaïenne où un volcan est encore actif et que sa famille norvégienne croit encore pouvoir le retrouver malgré le fait qu'en principe, le simple fait de respirer cet air vicié aurait dû le tuer et sinon, en fait, s'il a survécu aux gaz mortels, il doit avoir des mognons à la place des pieds puisque le sol est en lave... Mais croyez-le ou non, on a retouvé l'homme et il vit maintenant avec des prothèses !!! Et moi qui ne veut toujours pas qu'il écoute les nouvelles. Je vieillis !

C'est un autre signe. Ça et le fait que je prends du poids, que j'ai l'air fatiguée plus souvent, qu'il faut que je couvre mes cheveux gris (je parle pas des autres poils gris qui m'assaillent...), j'ai la peau plus sèche, plus de rides d'expression (c'est comme ça qu'on dit pour être polie avec les vieilles personnes, hein ? )

L'autre jour j'ai dit au bureau que je me sentais fatiguée de ce temps-ci, que je ne savais pas pourquoi. Une des filles qui travaille avec moi (elle a 24...) a lâché tout candidement; c'est normal, c'est la ménopause. Elle cherche encore ses dents ! Dans ma tête, elle les cherche en tout cas ! Hello, un peu de respect, la ménopause c'est à la mi-cinquantaine et en plus, on en parle pas, si on t'as pas sonné ! C'est comme un bouton dans le milieu du front, tu le vois peut-être mais tu fermes ta gueule, il n'existe pas !

J'ai moins de patience aussi que j'avais... Je vieillis...

mercredi 22 août 2007

La logique implacable...

Quand ton cerveau a envie de "shirer", de partir sur une track, de déclutcher (wooouh, une chance qu'il y a des mots en anglais dans notre belle langue française...) y a rien comme les enfants pour te ramener.

Je vous fais un best of (encore une formule en anglais...?) Mon fils est en train de déballer l'épicerie qui est étalée par terre, dans des sacs en plastique, pendant que le chien se cherche lui aussi quelque chose à faire pour aider... C'est Daniel qui a fait l'épicerie et qui dirige les manoeuvres, pas assez vite pour fournir les choses qui sortent pêle-mêle des sacs et qui atterrissent sur le comptoir à côté de lui. Et moi, fatiguante, je ne me mêle pas de mes affaires (pas ma faute, je suis une fille, je suis contrôlante...). Je vois mon fils, qui est petit à ce moment, qui pige dans le sac à côté de lui et qui mange des raisins verts. Je lui dit de pas manger ceux-là, de prendre ceux qui sont dans le frigo... Et Pierre-Loup me demande alors pourquoi ? Parce que ceux dans le frigo sont lavés et pas ceux que papa vient juste d'acheter. Alors très candidement mais avec une pointe dans la voix qui laisse percer un : D'où tu sors, la petite grosse ?" Il me demande: mais pourquoi papa il en achète des sales ? Et moi de me retourner vers Daniel: Ouins ? Logique !

Ça c'est le même Pierre-Loup qui a jeté à terre son éducatrice à la garderie un jour. Je viens le chercher à la fin de la journée et la fille m'accroche pour me parler de mon gars. Ah non, pas encore un problème !!! Bon, OK, c'était son genre de pas être comme les autres ou de faire comme les autres... D'ailleurs c'est pas fini, mais bon, c'est une autre histoire.

Elle me raconte que ça fait 15 ans qu'elle travaille dans cette garderie et que ça fait 15 ans qu'elle raconte souvent les mêmes histoires avec les mêmes livres et que depuis ce matin, elle ne pourra plus le faire. Elle a lu une histoire de géant aux enfants et au moment où le géant met la main sur la poignée de la porte de la maison, Pierre-Loup a décroché subitement. Il a fait remarquer à l'éducatrice que son histoire avait pas d'allure parce que la main du géant allait très bien sur la poignée de la porte de la maison mais que c'était impossible vu qu'il était géant, il aurait du être incapable parce qu'elle devait être trop petite... Et vlan, dans les gencives. Retour sur terre.

Et pourquoi tout le monde chez nous dort avec quelqu'un ? Éliotte dormait avec son petit frère, moi je dormais avec son père et lui ? Pas chanceux, il avait sa chambre à lui tout seul.

Et comment ça se fait que on a le droit de manger des cochonneries le soir, nous les adultes ? Et pourquoi je crie pour dire que je suis plus capable de les entendre se crier après ? Et pourquoi moi, la mère j'ai le droit de partir à rire quand ils sont fâchés mais que le contraire est hors de question et un manque total de respect ? Hum ? Pourquoi ? Et pourquoi faut se coucher de bonne heure alors que dans quelques jours, on sera à l'école et que là on n'aura plus le droit de veiller ?

Vivement que l'école recommence qu'on ait plus affaire avec la foutue logique !

mardi 21 août 2007

Courir après sa queue...

J'en ai pas alors quand je cours après ma queue, je cours plus longtemps que les autres... Calvaire, on court donc ben ! Chus tellement tannée de courir ! Je vais relancer la phrase controversée du poète, je vais en faire une nouvelle version: Vous êtes pas tannés de COURIR, bande de caves !!! !

Ça pas de bon sens. Ce qui me frustre c'est que je cours pour des affaires qui n'ont aucune importance, des choses futiles, du monde avec qui j'ai pas envie d'établir de relation véritable, des "relations" justement. Je cours après mon temps et le temps que je voudrais passer avec ma famille, avec mes amis, je le passe dans mon char, entre deux rendez-vous, avec le doc, le gynéco, le garage, la coiffeuse, le bureau, les assurances, l'otorhino, le vétérinaire, le magasin pour les maudites fournitures scolaires différentes pour chacun des trois enfants... Je vois du monde inutile dans ma vie personnelle. Mais je n'ai pas de temps pour aller diner avec ma chum Me, pas le temps de passer l'après-midi avec Pierre, pas un soir de libre pour souper avec ma chum Bob...

J'y pense parce que quand je veux prendre le téléphone pour appeller un vieux chum, une bonne amie qui file pas, je me sens cheap parce que j'ai pas le temps de me déplacer pour aller les voir... Parce que j'ai de la misère à mettre ça dans mon horaire. Et quand je le fais, faut que je cours pour rattrapper le temps que j'étais pas au bureau, en train d'écrire... Ça me frustre.

J'ai aussi peur de me retrouver un jour, assis dans une chaise berçante et de me dire, viarge, j'ai pu d'amis, j'étais tellement occupée ! Ou pire, de tomber malade et de réaliser, comme tous mes amis amaldes ont du réaliser, que finalement, mon sens des priorités étaient biaisé, que mes vraies valeurs étaient bafouées, que ma vie était en train de prendre une méchante tangente... Pourquoi ça nous prend un coup de pelle à charbon en arrière de la tête (quand c'est pas en pleine face) pour réaliser que notre vie était en train de nous filer entre les doigts ? Le pire c'est que je le sais, je l'entends tous les jours, mais faut que je vous laisse, faut que je me dépêche de rentrer chez nous, parce que ma mère garde et que je veux pas ambitionner sur sa grande générosité pis en plus, faut que j'aille échanger un livre d'école et je sais pas quand je vais aller magasiner pour trouver mon kit des Gémeaux... Ben oui, je vais aux Gémeaux, mon émission Tête Première est en nomination... Une belle soirée avec des tas d'inconnus ou des collègues de travail; c'est l'fun ça pour une fille qui a jamais le temps de sortir !
De quoi je parlais déjà ???

mercredi 15 août 2007

Gérer le stress...

Ça me fait rire. Y en a-tu qui gèrent le stress ? C'est pas une liste, c'est pas une pile de linge, c'est pas une gang d'employés, c'estpas un comité de gestion: C'est le stress, câlisse. Ça se gère pas, c'est impalpable, c'est de la viscosité, du mou, du slack, de la glue informe, du flou, du beuk, du prout, du dégueu. Et en plus, quand tu penses le connaître, quand tu crois que tu vas le voir venir, quand tu l'attends, il apparaît sous une nouvelle forme.

Moi je gère pas le stress. C'est pas un caprice, c'est une constatation fataliste. Je le sais, je n'ai pas de contrôle là-dessus. En fait, c'est pas entièrement vrai. Je gère très bien le stress... des autres. Je suis aussi une formidable caméléon à l'envers. Si je suis avec quelqu'un de plus stressé que moi, je deviens la fille la plus zen qu'il y a pas ! Je peux contrebalancer un stressé avec brio. Je retrouve mon sens de l'humour, de fais des blagus pour détendre l'atmosphère, je vois les catastrophes venir avec calme et je peux également être empathique ans devenir hystérique. Plus tu pètes ta coche avec moi, plus ça me calme. Alors si j'ai à gérer mon propre stress, le truc c'est d'être avec quelqu'un qui va capoter, poner les nerfs ou perdre son self-control.

Pis, ça m'énerve le monde qui gère pas leur stress. Tsé le genre que tu te sens dans leurs jambes, que tu les énerves, que tu sais pas quoi faire pour les aider, que tu leur tombes sur les nerfs, que tu sais plus où te mettre et que tout ce que tu fais, ça l'air de leur nuire... On dirait que je connais bien ça hein ? Ben oui, j'ai passé mon enfance avec une mère qui gèrait pas son stress. Pas de sa faute, elle est comme ça. Et en vieillissant, ça rempirone au lieu d'emmieuter. Faque je suis probablement comme ma mère, c'est génétique.

mardi 7 août 2007

Des fois j'ai rien à dire

La plupart du temps, j'ai rien à dire mais la première chose que je me rends compte c'est que j'ai un avis. Dans la vie, j'ai rien à dire, j'ai pas la conversation facile à moins d'avoir pris un petit verre, bon, j'avoue... Mais quand j'écris... J'ai tout le temps quelque chose à dire. Avouez que la vie est un sujet inépuisable ! Et même quand la vie est plate, elle nous fait parler d'elle. C'est comme une petite grosse, on la regarde passer, on passe un commentaire, on rit un peu puis on passe à quelque chose d'autre. Bon, ça y est, je suis partie.

J'ai rien contre les petites grosses ! Je viens d'une petite grosse, ma soeur est une petite grosse, ma grand-mère était une petite grosse et mon surnom c'est la petite grosse. Malheureusement, à mon grand désespoir, mes 40 ans me rentrent dedans et je suis en train de devenir une véritable petite grosse. Mon surnom va devenir moins cute... J'ai croisé un ami de ma mère au Canadian Tire. Oui, bon, je l'avoue, j'aime ça les Canadian Tire, moi. Quand j'étais petite (pas encore grosse) j'allais là avec mon père et je crois que je participais à son moment de répit, son "moment" à lui. Maintenant que j'ai des enfants je peux comprendre c'est quoi de se retrouver seule au Canadian Tire et d'appeller ça "son moment". C'est simplement une commission qui n'intéresse personne d'autre à la maison et donc, je peux y aller toute seule !!!!!!!!!! Bon, alors je reviens à mon petit vieux. Il a tellement maigri, il sort de l'hôpital et la première chose qu'il me dit c'est: T'as pris du poids toi !" Bon, je l'ai pas snappé, il a 72 ans et en plus il porte des lunettes mais j'y ai pensé... Et il a ajouté: "Qu'est-ce qui se passe avec toi ?" J'ai pogné 40 finalement ! Hum ! Une chance qu'on était dans un lieu public, y avait trop de témoins, je pouvais pas le frapper... Et lui de se frapper la poitrine pour me montrer qu'il a donc maigri... Bien oui, y a pogné le cancer aussi qui peut vous donner une très belle ligne et vous défaire de 25 livres de trop... Mais je sais pas pourquoi, j'hésite !

Je bouge pas plus qu'avant, pas moins, je mange pas plus qu'avant, pas moins, j'ai pas plus la dent sucrée qu'avant, qu'est-ce que vous voulez, j'épaissis criss ! Et ça me fait suer ! mais pas assez pour maigrir !

Vous voyez, y a toujours quelque chose à dire ! Vous savez tout maintenat. Je vous laisse, je vais aller faire du vélo stationnaire dans mon sous-sol...

mardi 24 juillet 2007

Toutes sortes d'affaires.

J'ai pas un sujet précis, j'ai toutes sortes de niaiseries qui me viennent en tête ce matin. Tout le monde est en vacances, c'est les foutues vacances de la construction (même s'il y en a partout).

D'abord il faut que je vous dise. J'écris comme une bouteille lancée à la mer, sans savoir si vraiment quelqu'un me lit quelque part, j'ose espérer que oui mais je n'en ai crissement pas idée. Alors je le fais pour moi-même, comme on repasse ses chemises, comme on replace le lit même quand on dort seule, comme on s'enlève un poil sur le menton, comme on se pête un point noir: pour moi, quoi. Et puis on verra si quelqu'un nous lit. Et la semaine passée, je suis tombée sur le commentaire d'une internaute que je ne connais pas. J'ai des amis qui me lisent, en cachette parce que j'en entend pas parler, mais là, une étrangère, une femme que je ne connais pas m'envoie un petit commentaire. Comme quoi, je suis drôle (les petites grosses sont souvent comiques...) et que mon blogue est un incontournable ! Ça m'a fait tellement chaud au coeur ! Comme si tout à coup, perdue sur mon île déserte, quelqu'un avait trouvé ma bouteille à la mer, comme si ça cognait dans la cellule à côté et qu'enfin, il y avait quelqu'un dans la même boîte que moi. J'ai failli appellé mon texte: Ôde à Louise ! Merci Louise, you make my day pis ma semaine aussi, tiens !

Pis le Continental a brûlé rue St-Denis (avec le Barouf) ! Quel gâchis ! Au moins, on est sûr qu'aucun animal n'a souffert de ce terrible feu ! Excusez-la, c'est des relents de mon ancienne vie comme scripteure, je pouvais pas ne pas la faire !

Et mon bras va mieux... c'est bizarre, c'est depuis j'ai cessé d'aller chez la physiothérapeute deux fois par semaine... Je sais pas ce qui se passe mais voilà un métier louche. Tout le monde à qui je parle de physio me dit la même chose: Moi ça n'a pas marché, j'avais l'impression que ça servait à rien, j'ai pas fini mes traitements... Y est pas temps que quelqu'un les dénonce, ce sont des imposteurs de toute évidence ! ( J'espère que Louise est pas une physio, je vais sans doute perdre ma seule lectrice...) Non, mais franchement, c'est quoi l'affaire ? Je connais personne qui a trouvé le traitement efficace et qui a cru que son physio avait fait une différece dans sa guérison, c'est assez pour se poser des questions, non ? Ou alors, il n'y a que les vrais, vrais sportifs qui ont accès à des vrais, vrais physios et tous les bons physios ne font que de la médecine sportive et nous, les caves, on sèche avec ceux qui ont coulé l'examen ? J'aimerais bien trouvé quelqu'un qui pourrait contredire mes statistiques...

En même temps, on est vraiment un peu épais... Parce que c'est seulement après que tu aies dit que t'avais l'impression que les traitements marchaient pas qu'enfin les autres se décident à dire qu'ils n'y avaient jamais cru non plus. Pas de danger que quelqu'un t'avise: Ah, la physio, ça marche pas, je l'ai essayé ! Non, on dit rien. Comme si on se disait, bon, un autre qui va se faire avoir comme moi, ou alors on se dit, en bons chiens: peut-être QU'ELLE ça va marcher... On est un peu simples ! Et crédules !

Il fait beau, ma semaine de vacances est passée, tout le monde est en vacances, ça m'énerve un peu mais pas tant que ça. C'est tranquille, ça prend moins de temps pour venir travailler en voiture... Ah, voiture, ça me fait penser au vélo... J'ai commencé à me remettre en forme (en forme de quoi ?), je fais du vélo tous les matins depuis mercredi passé grâce à ma collègue de travail qui fait des courses de vélo et qui me coache. 20 minutes par jour, dans deux semaines, je pourrai ajouter 10 pourcent. Alors ce matin, j'ai fait mon 20 minutes, je suis remontée toute dégoulinante, les jambes flageollantes et je me suis pitchée dans la piscine. J'ai fait 6 longueurs. Quand je suis entrée, Daniel m'avait fait un smooties. Il était tellement épais (le smooties, pas mon chum) que j'aurais pu le manger à la cuillière. C'est à cause du psillium qu'il m'a dit. Ouf ! Pas facile de se mettre en forme. Faut faire des sacrifices ... en sacrifice !