vendredi 16 mars 2007

La suite de l'escalier...

OK, Ok, je vais survivre. Je me sens comme si un truck m'était passé dessus. Probablement que je ne serai plus jamais la même après ça... Je ne sais pas si c'est le fait de passer mes journées à quatre pattes à sabler et peindre l'escalier maudit, ou respirer le Varathan et le Plastic wood avec la fenêtre ouverte à moins 30 ou si c'est juste le rhume... J'en suis à ma troisième couche et ce matin, quand je regarde ça... Je vois des taches sombres... Non, non, pas dans ma tête, sur mes marches ! Le Plastic wood prendrait une autre couche, le salaud !!! Et qui c'est qui va se taper une autre journée pliée en deux à se contorsionner pour tout peindre en remontant vers le haut ? La petite grosse au chômage !

Il fait moins mille dans le sous-sol ce matin. Bon, j'ai peut-être oublié la fenêtre ouverte cette nuit, faudra ajouter cela aux coûts de la rénovation ! Mon escalier gothique continue de ravir Pierre-Loup, moi je le trouve noir longtemps... Lui, il prend ça personnel vu que mon ambition c'est de terminer le sous-sol en y installant un mur et une porte pour qu'il ait sa propre chambre et qu'il gagne en autonomie. Alors comme l'escalier mène à sa chambre, c'est SON escalier ! Il trouve ça beau, c'est l'important, non ? Le plus génial c'est qu'il ne tient pas à ce que sa future chambre soit repeinte en entier ! Heureusement parce que le sous-sol est repeint depuis 2 ans seulement.

C'est pas comme sa soeur qui repeindrait la sienne... Elle veut une chambre médiévale puis la semaine suivante, elle la veut Barock'n roll (Oui, oui, bande d'ignares: le Barock'n roll c'est un mélange de baroque comme les films de Tim Burton et de rock'n roll, avec des couleurs pétées...) Mais finalement, elle y a pensé cette semaine, elle la voudrait médiévale... Je lui ai dit que la prochaine chambre en liste c'est la mienne vu que je dors dans deux tons de bleus (couleur que j'exècre !) avec une bande de tapisserie au milieu avec des roses...bleus ! Riez pas, j'ai acheté la maison de ma mère alors j'ai toujours la chambre de rêve de ma mère ! Elle aime le bleu ma mère comme moi j'aime le rose: tout était bleu dans sa maison: sa cuisine, la salle de bain, les accessoires et sa chambre ! Imaginez, je dors dans la chambre de ma mère depuis 5 ans !!!! Mon chum s'en fout, il a même pensé qu'on descende au sous-sol pour laisser la chambre à Pierre-Loup ! "On fait juste dormir là-dedans !" Ben oui, y a l'atelier aussi, chéri ! Pis le cabanon dehors tant qu'à y être ?

Bon, il faut que je l'avoue à quelqu'un, il y a aussi le plancher de la cuisine que je planifie de changer... Et je ne l'ai pas encore dit à Daniel mais, ça implique le comptoir de cuisine probablement... Je sais pas pourquoi, je me sens comme au dernier mois de la grossesse; Au huitième mois, c'est biologique, on se met à rusher pour faire des travaux. La première fois que j'ai vécu ça, j'ai construit une structure pour faire un garde-robe, j'ai bâti une base de lit avec des palettes et j'ai terminé avec une tablette qui devait servir de tête de lit... Mon chum capotait; ça faisait deux mois qu'on était installé dans le Sud de la France et je construisais mon nid au lieu de me reposer en attendant la venue du bébé. Les deux autres fois, ça été pareil; j'ai retournée la maison à l'envers et transformé mon univers pour l'arrivée de chacun des bébés.

C'est comme quand on est en PMS (syndrome pré-menstruel) mais en trois fois pire: Laver le frigo et le poêle ne suffit pas, il faut les changer de place et construire quelque chose autour. Le crochet, le tricot, la couture et le bricolage ont été inventés par une femme en PMS mais la rénovation, le terrassement et Décore Ta vie ont été inventés par une femme enceinte, c'est certain ! Bon je vous laisse, je vais faire une brassée, retoucher l'escalier, faire une brassée et magasiner un revêtement de sol... qui irait avec un comptoir de cuisine...

jeudi 15 mars 2007

Varathan blues

OK, Ok, j'ai sauté une journée. Mais je morvais partout. Je suis tellement enrhumée, je suis misérable, je dors mal, j'ai le nez bouché et la tête qui va me sauter. À 16h00, je me suis fouettée et j'ai repeint l'escalier du sous-sol. Bon, je sais c'est un peu extrême comme réaction à la amaladie. Mon fils pense que je suis gothique parce que je peins en noir et que c'est cool. Je pense plutôt que je me suis dit: Tiens, prenons la couleur la plus débile pour peindre un escalier de sous-sol ! Viarge, on voit rien ! Et ce magnifique escalier est en bois, avec des trous et des craques vieilles de 30 ans. Le genre d'escalier que le contracteur a mis là, en 1971 en se disant, y aura pas un tarlet qui va penser faire autre chose que de mettre du tapis là-dessus ! Il avait raison. Pas un tarlet... une mallèse oui, par exemple !

Ce matin, j'ai bouché des trous, des craques, des fentes, des précipices au plastic wood et je me suis confinée au sous-sol parce que j'ai repeint une deuxième couche sur les 6 dernières marches. J'ai hâte de me voir grimper quand le facteur va sonner à la porte ou que ma mère va arriver à l'improviste. Elle jubile; je suis à la maison maintenant, elle peut débarquer à n'importe quelle heure du jour et venir prendre un petit café ! Ma soeur respire, j'ai pris le relais !

J'ai essayé d'écouter le débat des chefs et y a rien à faire, ça m'intéresse pas. J'ai vu Charest dans son beau costume qui baille dans le cou parce qu'il se tient voûté quand il a accusé Boisclair de sortir des lapins de son chapeau avec le document sur le pont de La Concorde... Pas capable ! Mon chum dit que c'est parce que je m'attarde aux détails (c'est ma nature, quand même) mais s'ils avaient quelque chose à dire, je passerais par-dessus la coupe de petit pauvre de Boisclair et le sourcil unique de Mario Dumont... (Personne lui a dit que ça existe l'épilation au laser ? Même sa blonde pourrait lui faire une petite ligne de cire chaude à la maison et zoup ! On en parlerait plus !) Je trouve qu'ils ont si peu à vendre qu'ils se cherchent des failles les uns les autres. Et particulièrement Dumont. Chantal Hébert, elle est toute croche mais je m'excuse, je l'écoute quand elle parle, elle a quelque chose à dire et des opinions qui m'intéressent même si je ne les partage pas toutes. Alors c'est pas vrai que je n'écoute pas parce que je regarde les détails pour critiquer ! Intéressez-moi à la politique et je vais suivre !

Bon et j'ai pensé à autre chose pendant que ma deuxième couche sèche. Vous ne me donnez pas beaucoup signe vie... Pas de commentaires, pas de réflexions... Coudonc, j'écris pour rien ou s'il existe quelque part quelqu'un qui me lit (à part Donald...)? J'attends une réponse de vous pour savoir si je suis seule dans le cyberespace à parler dans le vide ! Pour qui allez-vous voter et pourquoi ? Allez un peu de courage; deux, trois mots. Juste pour me sigifier que vous êtes là et pour m'intéresser tiens ... pendant que je vais sabler le plastic wood qui pue.

mardi 13 mars 2007

Ce que j'aurai jamais l'air...


Je continue dans ma lancée de pensées non positives. OK, j'ai du temps pour moi maintenant. Ce qui signifie que j'arrive maintenant à perdre mon temps en niaiseries. D'abord, je passe plus de temps devant la télévision. Et je vois des émissions que je n'aurais pas dû voir normalement... Mais je commence aussi à ressentir ce que sentent les femmes qui ne sortent pas... Et je pense que c'est à cause de ce que l'on dit d'elles que je me sens comme elles. Toutes les émissions faites pour elles leur disent qu'elles ne sont pas comme elles le devraient. J'ai commencé avec "The yoga body ballet": Un info-commercial sur une méthode pour raffermir le ventre et muscler les fesses... Ensuite, je suis tombée sur "What not to wear" où deux égocentriques: un homosexuel trendy et une bitch finie croient avoir le monopole du bon goût. Ils prennent une Américaine typique, pas de goût, pas d'imagination et qui n'a pas le temps de prendre soin d'elle et lui expliquent pourquoi elle fait dure et comment ils vont la transformer en Américaine plate avec un look deux fois son âge et non seulement contraire à ses désirs mais aussi à ses principales occupations !

Je me suis rachevée avec "10 years younger". Là, c'est la déchéance totale ! Une pauvre femme, qui l'a eu difficile se fait mettre dans une cage de verre et les passants doivent trouver son âge et décrire pourquoi ils croient que cette femme est vieille. Ensuite la pauvre fille pleure en se faisant confirmer que non seulement elle se sent vieille et moche mais que même des inconnus et l'animateur par surcroît sont de son avis. Ensuite, ils la prennent, l'envoient se faire faire du laser dans les yeux et sur la peau, l'habillent, lui refont sa couleur de cheveux et la remettent dans la cage où les passants lui donnent enfin 10 ans de moins. Et quand sa famille arrive et la découvre, on comprend pourquoi elle avait l'air de 10 ans de plus et qu'elle ne gagnera pas ce match contre l'hérédité.

Et on a pas assez de se faire dire qu'il faut se changer avec "Métamorphose", "Extreme make-over", "The Swan" mais il faut aussi changer sa maison ("Trading Space"), sa chambre ("Méchant changement"), ses parents ("Mes vieux tout neufs"), sa façon d'éduquer les enfants (Dre Nadia", "Super nanny"), son comportement ("Dr Phil", "Guy Corneau en toute confidence..."), sa bouffe... Woh ! J'arrête, j'ai pas fait le tour encore !

On l'a dur, nous les femmes, hein ? Combien de fois doit-on se faire dire que nous ne seront jamais à la hauteur de ce que les autres attendent de nous pour comprendre ? Combien de fois on entend en sourdine que notre corps n'est pas celui qu'il devrait être ? Combien de livres en trop portons nous ? Combien de rides d'expression, de vergetures, de culottes de cheval, de varices, de gras de dos (oui, oui, le petit bourrelet juste au-dessus du soutien gorge), de gras de bye bye (mais oui, voyons: celui qui s'agite dans tous les sens sous le bras quand on envoie la main comme la reine du Carnaval...) faut-il se faire montrer du doigt pour comprendre ?

Qui a décidé un jour que tout ce qui porte sur la femme doit nécessairement être un constat d'échec ? Parce que c'est ça qu'on se fait dire, non ? Tu as pris du poids, tu as vieillie, ta peau s'est flétrie, ton ventre trahi le fait que tu as eu des enfants, tes seins sont en train de tomber, tu ne peux plus montrer ton nombril, tu ne peux plus porter cette longueur de jupe, les jeans à taille basse c'est plus de ton âge, tes cheveux sont ternes et clairsemés, tu as pris trop de soleil... Personne n'a pensé à traduire par: Tu as pris du bon temps, tu as profité de la vie qui passe, ma belle ? T'en as fait des choses !

J'ouvre une revue, j'allume le téléviseur, en anglais ou en français et je vois tout ce qu'il y a à faire sur moi ! Ça m'étourdit ! Teindre mes cheveux, crèmer ma peau, arracher mes poils, essayer le botox, suivre un régime, faire de l'exercice, m'acheter une pilule pour bronzer, une autre pour éliminer, une pour le candidat albican (wouach, c'est un champignon qui me fait ballonner ?), une pilule pour m'apaiser quand je suis en spm (ou pour apaiser mon entourage plutôt...), une pilule pour retrouver mon teint de jeunesse (quoi, il est parti quand exactement ?)... Et j'ai payé pour me faire dire ça...!

Mais le pire, le plus pathétique devrais-je dire, c'est que quand je referme la revue, quand j'éteins la télé, je suis presque d'accord, je le savais au fond de moi, je le ressentais: je me suis négligée et j'ai du travail qui m'attend. Voilà, le mal a fait son oeuvre: Merde, je suis grosse laide et vieillie ! Heureusement, je me suis réveillée ! Mais, est-ce qu'il est trop tard pour réparer "... des ans l'irréparrable outrage" ? (réf.: Le songe d'Athalie, de Racine: Ouf ! Vieille mais cultivée !)

J'envie les Chantal Hébert de ce monde qui résistent à l'invasion des barbares. Elle ne veut pas qu'on la maquille quand elle va sur un plateau de télé, on dirait qu'elle porte le veston de son père. Est-ce qu'elle va faire couper ses cheveux chez le barbier du coin ou elle met la tondeuse elle-même dedans... ? Je suis pleine d'admiration parce qu'elle est d'une rare intelligence et qu'elle n'a pas peur de ses idées comme les hommes savent souvent les affirmer. Mais une petite partie de moi ne l'envie pas. Je ne sais pas, je la trouve louche et je me dis que quelque part, une partie d'elle est bien cachée et si elle se cache alors c'est qu'elle a peur... Et moi je suis peut-être une petite grosse, pas belle et vieillie mais je n'ai pas envie de cacher tant que ça; Sauf peut-être un petit bourrelet ou deux... et quelques cheveux gris! Je résiste aussi, à ma manière !

mercredi 7 mars 2007

Les affaires que je pensais pas voir...

Lundi matin. J'ouvre la télé. Au secours ! Depuis quelques mois, j'ai des doutes mais là, je suis certaine, c'est confirmé. TVA est redevenu Télémétropole. La télé qu'on écoutait en cachette. Ça a commencé par des éclairages épouvantables aux nouvelles, les lectrices ont des ombres sous le menton ou des yeux creux sans bon sens... Puis, les téléromans... Le gros éclairage qui ne se peut pas qui entre par les fenêtres d'un appartement, les costumes horribles, la vaisselle des années 70 sur la table... Yeurk !

Mais là, ce matin, devant moi, "Deux filles le matin"... C'est fou ce qu'on découvre au chômage ! Ça ressemble à s'y méprendre à Garden Party ! Ils ont tous des colliers hawaïens dans le cou, le frère de Guillaume Lemay-Thivierge chante en jouant de l'orgue et une grosse madame fait les back vocals avec des collants jaunes... Et la chanson ? C'est: "Où sont passés les tuyaux ?" Ahhhhhhhhh ! J'ai peur, je suis tétanisée ! Je viens de reculer dans le temps, le 10 est revenu... Après ça sera quoi ? Ma mère va porter des jump-suits et une perruque crêpée ? Ils vont faire un remake des Tannants ? Riez pas... Ils ont déjà ressorti Pierre Marcotte...

Je pensais être au bout de mes peines. Mais non. Vers 16h30, on a entendu du bruit dehors. C'est Gauvain qui a sonné l'alarme. Maman, viens voir ! Alors on s'est tous mis le nez dans la fenêtre du salon. C'était le spectacle ultime ! Pas un, pas deux mais une armée de tracteurs, de nivelleuses avec des camions à benne et un beau gros pick-up rouge avec des gyrophares pour ouvrir le bal ! Wow ! Mon fils qui carbure aux affaires qui roulent était sous le charme. Ça grouillait de roues et de grattes et de camions ! On était tous aux premières loges ! Et puis, un immense tracteur s'est arrêté devant chez nous. Le plus gros, le plus beau, le tracteur alpha, le mâle dominant s'est arrêté pour nous.

Et là, le chauffeur, que dis-je le pilote, le conducteur, le leader de toute cette magnifique parade est descendu. Bon, là on a un peu déchanté. C'est un grand monsieur, aux cheveux gris avec une ciragette au bec qui est descendu du colosse. Fier, mâle et respectable quand même ! Il s'est approché de son tracteur, vers le pneu avant, entre la cabine et la fameuse pelle, il a regardé à gauche et à droite et oui, oui, il a pissé sur son truck ! Devant chez nous, devant mes deux fils de 7 et 10 ans, dans une petite rue de Laval, au royaume des bonnes manières et du savoir vivre ! Un monsieur qui aurait pu être leur grand-père pissait devant chez eux, sur le tracteur de la ville. Voulez-vous le numéro ?: C'est le tracteur identifé par le numéro 335 ! Ça m'a pris quelques secondes pour être certaine que c'était ce que je voyais mais, malheureusement, c'est bien ça qu'il faisait.

Je suis sortie devant chez moi, en gelant, mais j'attendais qu'il se retourne vers moi pour lui faire la honte de sa vie. Si j'avais eu ma caméra je le filmais pour le mettre sur You Tube, le gros sale ! Pas de danger, il n'a plus regardé autour de lui. Le clown en habit fluo s'est approché de lui et ils ont discuté comme si de rien n'était après qu'il eu remonté sa fly. Je pense qu'il ne s'est même pas aperçu que son collègue venait de pisser. Si ça se trouve, le vieux lui prête son tracteur pour pisser quand c'est son tour !

C'est quand j'ai entendu mes gars traiter le gars de gros sale que je me suis rendu compte que j'avais moi-même créer l'événement. Si j'avais rien dit, probablement qu'ils n'auraient pas remarqué que le gars pissait ou tout le moins, ils n'en auraient pas fait de cas. C'est normal de pisser dehors pour un gars... C'est juste que pisser en pleine rue, sur la job, à 50 ans, en pleine semaine de relâche, ça fait beaucoup de points discutables, non ?

Bon, j'arrête ici, je vais aller pelleter des Lego dans le sous-sol (le sol en est couvert) et je vais aller ramasser la cuisine qui doit être perte totale vu que ça fait 30 minutes que je les entends se faire à déjeuner en jouant à "Mortel Combat". Ben oui, je suis tellement "laide" (la nouvelle expression de Pierre-Loup pour dire que je suis plate), je ne veux pas louer le jeu Mortel Combat, un jeu de GameCube pour 17 ans et plus, alors, il a downloadé le "trailer" du jeu et l'a fait écouter à Gauvain qui a 7 ans, à 6h30 du mat', pour me prouver qu'il y a avait rien là... Il y a juste un peu de sang... Oui, mais c'est lequel des héros qui pisse sur son tracteur ?

lundi 5 mars 2007

La semaine de relâche...

Relâche ? Quelle relâche ? La relâche de qui ? Certainement pas la mienne ! Y fait frette, on gèle et les enfants sont en dedans depuis trop longtemps... Ça sera pas cette semaine que je vais me relâcher... Ben... Oui finalement, je vais faire relâche... d'écriture je pense !

jeudi 1 mars 2007

Ce que je ne ferai pas...

On a tous de beaux principes. Des choses qu'on se dit qu'on ne fera pas. J'ai envie d'en faire la liste ce matin. Rien que pour continuer dans la lignée de poussée négative qui m'anime depuis le début de ce blog. J'ai décidé que je n'allais pas être positive, alors... !

N'empêche, il y a des choses que j'ai dit que je ne ferais pas et que j'ai fini par faire... Ça m'énerve d'avoir à l'avouer mais, c'est vrai.

J'ai dit que je ne mangerais jamais les maudits Smarties bruns dans les boîtes de Smarties... J'ai tenu bon longtemps. Toutes mes années d'école de Ste-Thérèse, entre autres. Et puis, tranquillement, j'ai commencé à tricher, je suis entrée dans le moule. J'en mange parfois (encore ce matin, en faisant le ménage de l'armoire de cochonneries, j'ai trouvé une petite maudite boîte ouverte...) Mais, moi au moins, je ne serai jamais de ceux qui disent qu'ils goûtent tous pareils ! Ah non ! Les bruns sont mauvais. les autres sont corrects.

J'avais juré que je ne sortirait jamais avec un blond. J'ai toujours dit qu'ils ne m'attiraient pas. Et c'est encore vrai, les blonds m'énervent. En général, ils sont comme les belles filles (souvent blondes en plus...): ils n'ont pas besoin d'être fins, intelligents, drôles, d'avoir de l'esprit, de la répartie... Ben non: ils sont beaux ! Je suis persuadée que certaines parties de leur cerveau s'atrophient. Depuis qu'ils sont tout petits, chaque fois qu'ils se sentent un peu seuls, qu'ils doutent, qu'ils ont un manque de confiance en eux ou en leurs charmes, une petite idée géniale se pointe, une bonne blague se glisse et oups, ils entendent: Y est donc beau ! Et POW ! Une cellule de moins pour eux ! C'est le même principe que les fées: chaque fois que quelqu'un dit qu'il ne croit pas aux fées, il y en a une qui meurt. Chaque fois qu'un cerveau de blond pense pouvoir être utile: POW ! Quelqu'un dit "il est donc beau" et cette portion de cerveau meurt ! Pauvres petites bêtes ! Je parle des neurones bien entendu, pas des blonds...

Forcément, à la longue, le cerveau se tanne et se dit: OK, on arrête de se faire aller, il n'a pas besoin de moi, je m'écrase dans le divan, je bouffe des chips avec du chocolat et je me lève seulement pour aller pisser ! (Un cerveau qui pisse... j'ai vraiment dit ça ?)

Bon, tout ça pour dire que je pensais jamais déroger à cette règle: Mais fatalité, bad luck, inconscience ou laisser-aller... J'ai baissé ma garde. J'en ai mangé toute une en pleine face sans voir le coup venir: Je suis avec un maudit blond depuis 15 ans ! Comme quoi, toutes les règles sont faites pour être transgressées.

J'ai aussi dit que j'aurais jamais d'enfants. Bon, en grande partie à cause de mon attitude défaitiste et de mon manque d'aptitude au bonheur. Je me suis dit: Pas besoin de mettre quelqu'un d'autre dans la marde. J'ai assez de misère à me motiver, comment je vais faire pour motiver quelqu'un d'autre ? Et ça se présentait bien, j'ai respecté cette règle jusqu'à mes 30 ans... Pas mal quand même ! Jusqu'à ce que la viarge d'horloge biologique embarque... Ça me fait une belle jambe: C'est pas moi qui ai craqué, c'est mes hormones ! C'est chumique.

Avant, j'avais le beau jeu, j'étais avec des gars dont j'avais la certitude qu'ils ne pourraient pas s'occuper des enfants et donc, je me disais, pas question de faire ça toute seule, je vais virer folle... Puis j'ai rencontré le maudit blond de tantôt, là... Celui qui avait déjà pété une de mes règles principales. Au yâble la dépense ! On est pas à une règle près, je me suis dit.

J'ai dit que moi, je ne répondrais jamais à mon cellulaire quand je suis avec quelqu'un... Ça m'énerve quelqu'un qui prend un appel devant toi, dans ton bureau, au resto ou même une deuxième ligne en attente pendant que tu lui parle... Mais faut que je regarde mon cellulaire quand ça sonne... Des fois que ça serait les enfants que j'avais dit que j'aurais pas... Ou ma mère qui a réussi à ramper jusqu'à son téléphone qui m'appelle en faisant un ACV... On sait jamais !

Je cherche d'autres affaires que j'ai dit que je ne ferais jamais... Ah oui ! J'ai dit que je ne jouerais jamais au golf. Tirer des balles, ça compte pas, ça ? J'y suis allée juste UNE fois et c'était surtout pour être avec le gars qui voulait tirer des balles (Il était brun ). En fait, il m'aurait demandé de jouer au shefferboard, j'aurais dit oui... Le shefferboard, c'est bon ça, j'ai dit que je jouerais jamais à ça, ni le curling... Yark, lancer des bouilloires sur la glace en suit de fortrel et balayer de la poussière imaginaire comme une malade pour rien ? Non merci ! Je l'ai jamais fait ! C,est contre mes principes ! Finalement, c'est rassurant: J'ai quand même des principes, après tout !

mercredi 28 février 2007

La fête de Justine !

Aujourd'hui c'est ton anniversaire, ma Justine ! Je me rappelle tellement cette journée-là ! Suzie, mon Bob à moi, est rentrée en catastrophe à l'hôpital et on s'est tous dit, bon, encore une fausse alerte, ça ne se peut, pas vite de même... Elle va ressortir dans quelques heures, rassurée. Mais non ! Incroyable mais vrai, notre Justine voulait son tour déjà. T'étais tellement pressée de venir au monde ?

Quand je t'ai vu dans l'incubateur... Après 31 semaines seulement de gestation... Tout ce qui a précédé est flou... Je ne sais pas comment j'ai abouti à l'hôpital Ste-Justine, j'y suis allée toute seule en vitesse, tellement pas certaine de ce que j'allais trouver. J'ai couru vers ta mère, ma grande chum de toujours. Celle que j'ai ramassée quand elle avait de la peine, avec laquelle j'ai tellement ri, que j'ai consolé des grands niaiseux, dont j'ai coupé les cheveux quelques fois, que j'ai vue saoûle deux fois (St-Aubin, les nerfs !). Ma Suzie à moi, dans les bras de laquelle j'ai moi-même pleuré, rit, celle qui m'a teint les cheveux 22 fois (dont la fois où j'ai eu l'air d'une chatte d'Espagne... Remember ?) Celle qui me décode au moindre petit ton de voix, qui lit dans mes yeux même quand tout est bien caché... Mon Bob à moi, je suis son gros Mike.

Bref, je ne me rappelle que du moment où je l'ai suivie dans les corridors de l'hôpital pour aller te voir, ma Justine... Elle a mis sa jaquette à l'envers et peut-être son masque, je sais plus... Moi je fixais ce petit tas dans les couvertures vertes... Ce petit bout de toi... Intubée, masquée, en couches démesurée... Ça été le choc ! Je ne m'y attendais pas. Un si petit être. Et là, j'ai vu ma Suzie essayer de te toucher du bout des doigts tellement elle avait peur de te briser. Ça me fait pleurer juste d'y penser. Et j'ai bien essayé de cacher mes larmes mais je n'y arrivais pas...

J'étais tellement impuissante devant ce spectacle que je n'avais presque pas le droit de regarder. Et je me suis dit; Mon Dieu, comment elle va faire ? Comment elle va faire pour survivre dans ce monde de brutes, petite comme ça? Et Suzie était pleine d'amour mais j'ai réalisé quelque chose qui m'a serré le coeur: Ma belle Suzie, si forte ne savait pas comment réagir. Elle ne pouvait pas avoir toute la fierté des autres mères qui venaient d'accoucher en montrant son bébé. Non, elle, elle devait porter en elle un sentiment mêlé d'incertitude, de craintes et une petite part en elle se disait: Qu'est-ce que j'ai fait ? Où j'ai manqué ? Je crois que quelque part, elle a douté d'avoir réussi ton arrivée... Elle aurait voulu s'excuser, mais à qui ?

Parce que nous les mamans, on est tellement moumounes, on se demande toujours si on fait les bons choix, si on agit comme il le faut, on doute, on se questionne et on se remet en question. Et ça, dès que vous entrez dans notre vie. Dès la minute où vous arrivez, quand on vous regarde dans le petit bac à vaisselle transparent dans lequel vous êtes couché à côté de notre lit d'hôpital et l'on se demande: Qu'est-ce que je vais faire avec toi maintenant ? Pire, on se dit: J'en ai pour le reste de mes jours à m'en faire pour ce petit tas de moi !

Je me rappelle de la différence démesurée entre sa main et la tienne. Elle te frôlait et tu sursautais à chaque fois... Je me disais: Touche-la, pose ta main sur elle, pour vrai... Mais qu'est-ce que je connaissais là-dedans ? J'avais ma Éliotte qui pesait 8lbs et 2 onces à la naissance et que j'avais trouvée petite... J'étais toute seule de l'autre côté de vous deux, bien loin de me douter de tout ce qui vous attendait. Ça a pris tellement de temps avant qu'elle puisse te prendre dans les bras, je ne sais pas comment elle a fait pour patienter !

Mais 11 ans plus tard, je te regarde et je me dis que les choses sont bien faites. Je te regarde et je vois toutes les fois où ta mère a eu peur pour toi, tous les escaliers qu'elle t'a évités, tous les poisons qu'elle t'a empêché de porter à ta bouche, tous les petits doigts qu'elle a protégés des cadres de portes, tous les petits nez qu'elle a mouchés, tous les dégâts qu'elle a ramassés, toutes les nuits qu'elle n'a pas dormi, toutes les ceintures de sécurité qu'elle a attachées, toutes les tuques qu'elle t'as mises sur la tête, toutes les petites camisoles qu'elle t'a ajoutées sous tes chandails à col roulés... Tous les sourires qu'elle t'a fait, toutes les fois qu'elle t'a envoyé réfléchir, toutes les bonnes choses pour la santé qu'elle t'a donné (bon, elle a raté son coup avec le chocolat, mais t'as encore le temps d'aimer ça...), tous les gros yeux qu'elle s'est composés, toutes les fois où elle s'en est voulu d'avoir élevé le ton ou perdu patience, tous les ballons qu'elle a soufflés pour ton anniversaire... Tiens, elle doit encore être en train d'en gonfler... Surtout, je veux rassurer ta mère: Elle a fait une maudite belle job avec toi, elle n'aurait pas pu mieux réussir ton entrée dans le monde ! Je t'aime Justine et toi aussi, mon Bob ! Merci d'être là !