mercredi 23 janvier 2008

La Fête de Gauvain

Eh oui, Gauvain a eu 8 ans et nous avons survécus à la Fête avec 5 copains-copines. Plus tard, il sera tellement heureux de se voir faire le singe chaque fois que la caméra tombait sur lui. Qui sait ? On pourra peut-être le faire chanter avec cette vidéo...
Bon quand je serai capable de la mettre sur mon blogue me direz-vous.... Mais ça viendra. J'ai déjà réussi, (beginners luck) je vais réussir une nouvelle fois.

Quins ! Ça y est ! C'est long mais coudonc...


mardi 22 janvier 2008

Ce qu'ils ne nous ont pas dit...

Ça y est Nadine, vient d'avoir 40 ans. J'ai envie de dire de "pogner" 40. Pogner comme dans "resté pris dedans..." C'est probablement la dernière de ma gang proche à avoir finalement 40 ans. Mon chum a dit: Même elle, même elle, elle a eu 40 ans ! Elle réalise pas encore à quel point c'est formidable, d'avoir 40 ans ?

Tu n'as pas trop vu la différence avec hier... ? Tu es pourtant une femme mûre, une belle d'Ivory, t'es enfin une femme d'expérience ! C'est supposé être la consécration ultime, l'aboutissement d'une vie de femme, le boutte de la marde ! Ils nous l'ont tellement répété. Alors ça y est, je te le dis tout de suite, je vais détruire le mythe et ce qu'on nous a dit là-dessus...

40 ans. Pendant que tu vas te dire qu'il n'y a rien de changer, que ton chum va te rassurer que rien n'y paraît, que t'es plus jolie que jamais, quelqu'un va quand même te dire que tu les fait pas... Alors tu vas douter... c'est donc pas si hot d'avoir l'air de 40....? Pendant que tu vas te péter les bretelles que tu peux suivre les filles de 25 pour aller prendre un verre, tes collègues de travail vont te parler d'une telle, la mémé de la comptabilité, la vieille qui a au moins 45... Pendant que ton homme va prendre de l'assurance et du charme avec ses tempes grisonnantes et que les jeunes femmes vont lui jeter un regard coquin, sous ton nez, impunément, comme si t'étais loin d'être une menace, toi, tu vas faire tourner les têtes des pépés de 55 et plus... C'est eux tout-à-coup qui vont te trouver bandante. Oui, oui, tu vas faire tourner de l'oeil au monsieur de 60, là, dans le fond du resto... Pendant que tu vas réaliser que les minettes de 20 à 25 t'énerves, tu vas réaliser que les beaux adonis de 30 passent tout droit sans broncher... T'es devenue une crotte de nez...

Et les choses vont tranquillement devenir paradoxales: Pendant que tu vas te faire dire vous et madame par le gars de 18 et que tu vas un peu te crisper, tu vas quand même te froisser de te faire tutoyer par la dame de 50... Pendant que le petit gars du vidéo va t'ignorer somptueusement quand tu demandes ta facture, tu vas le surprendre en train de suivre des yeux ta fille de 12, bientôt 13 ans...

40 ans ! Tu es à ton zénith ! Le "peak" de ta vie. Alors pourquoi est-ce que soudain c'est là que tu vas t'endormir sur les nouvelles de 20h00 avec le petit filet de bave à la commissure des lèvres qui te rend si tant tellement séduisante... ? Pourquoi est-ce que maintenant que tu es établie, autonome, tu préfères rester à la maison et louer une vidéo au lieu de sortir ? Et quand tu rentres pimpante d'une soirée un peu trop arrosée, un peu trop longue, en te disant que tu peux encore en prendre, tu vas regretter ta hardiesse au matin quand les enfants vont t'appeler à la rescousse pour trouver la chaussette manquante et signer la dictée...

40 ans ! Fiou, tu te dis, j'en ai quand même fait des choses ! Ça met tout en perspective. T'as 20 ans de différence avec ton adjointe, t'as que 5 ans de différence avec celle que tout le monde pense qu'elle a 50... Tu évoques des émissions ou des chanteurs que personne connaît autour de toi. Tu te surprends à dire "quand j'étais jeune" et les autres te demandent si t'as connu la télé en noir et blanc... Tu fais l'offusquée mais criss, oui, t'en avais une dans le sous-sol quand t'étais jeune ! Dans ce temps-là les télés énormes valaient cher, maintenant tes enfants la regardent sur leur minuscule Ipod qui coûte la peau des fesses. Et t'avais pas de télécommande, tu te levais pour changer les postes ! T'as connu les années 70, les 80 et le fluo et ta chevelure a survécu aux années 90. Tes jeans préférés, tu les portais au-dessus du nombril, pas au-dessus d'un string ... Ah, Nadine, ce que t'en as vu des choses ! Il s'en est passé des choses en 20 ans, non ? Qui aurait cru que tu serais encore avec le même gars 16 ans plus tard et que t'aurais même deux enfants avec ton beau frais de 40 ans qui profite du fait d'avoir l'air de 40 alors que tu fais tout pour pas les faire toi-même ! Qu'ils viennent nous dire après ça qu'il n'y a rien là avoir 40 !!!!!! Viarge, il te reste quand même 25 ans avant la retraite ! Courage !

lundi 31 décembre 2007

Bonne St-Sylvestre !

Ce matin la mangeoire des oiseaux est pleine. Deux cardinaux avec leurs femmes respectives, un geai bleu, des juncos, un pigeon, une tourterelle, des moineaux, des roselins et parce qu'un beau tableau n'est jamais complet que quand il y a une touche d'inattendu, il y a un gros criss d'écureuil qui fait la split pour manger dans la mangeoire suspendue. C'est bucolique à souhait, non, avec la petite neige saupoudrée partout ?



Voici à quoi ressemble la nouvelle année chez les Sylvestre-Michaud. Deux ti-gars en pyjamas neufs de Noël qui pratiquent leur Tae-Kwon-Do . Ils appellent ça Mortel combat extrême.

Bonne Année à tous !



vendredi 7 décembre 2007

La complicité volontaire


Pourquoi les filles ont tant et tellement besoin de se confier ? C'est quoi cette manie de s'ouvrir sans cesse aux autres ? Il suffit de parler quelques minutes avec une fille pour savoir qu'elle est menstruée ou qu'elle va l'être... Et en plus, toutes les informations, tous les éléments de la confidence sont traités de la même manière. Que ce soit l'hygiène intime, la température, le prix des bottes, le caractère du chum ce matin, le bobo du petit, la couleur de ses bobettes, la guerre en Irak, l'ongle incarné de la voisine ou la famine dans le monde... Tout est pareil, traité comme de l'information de premier ordre. Et aucune de ces informations n'a pratiquement le privilège de n'être révélée qu'à une seule personne.

Pis ce qui me fait suer c'est que c'est un mal qui s'attrappe. Même la plus rébarbative et réfractaire à la confidence se fait avoir. Il suffit qu'une fille dans le bureau s'ouvre la trappe pour que, par je ne sais quel effet pervers, vous soyez projetée vous-mêmes dans le secret dévoilé. Et je ne parle pas des autres, je m'inclus dans cette triste statistique. Et ça m'écoeure ! Je suis la première à détester me livrer à du monde que je connais pas tant que ça. C'est comme d'être obligée d'embrasser un collègue de bureau ou quelqu'un qu'on rencontre pour la première fois. On peut-tu se garder une petite gêne ? Est-ce que je peux dire que j'ai un feu sauvage ? Je voudrais avoir des gênes de gars pour me pousser dans ce temps-là.

Criss, y a pas un gars qui resterait là s'il entendait des choses qu'il ne veut pas savoir et qui pousserait la candeur jusqu'à livrer lui-même des informations qu'on ne livrerait que sous la torture normalement! Pas un gars qui tomberait dans le piège de dire qu'il a déjà eu une infection urinaire à quelqu'un qui dévoile la sienne. Un gars passerait tout droit, il ne prendrait même pas le temps de compatir, il décrisserait. Pourquoi on fait pas ça nous autres les filles ? TROP D'INFORMATIONS ! Je ne veux pas savoir que la fille qui m'engage baise pas de c'temps-là. J'en ai rien à cirer que la réceptionniste pense qu'elle a pris 5 livres, que ma collègue a déjà eu un chum maso... Pourquoi j'écoute ça ? Pourquoi elle me le dit mais encore pire, pourquoi j'écoute ça ? Ça c'est le genre de truc qui va remplir mon disque dur en plus et prendre de la place inutilement dans ma banque de données.

Tsé, souvent on dit que les enfants sont des éponges et qu'ils apprennent et retiennent tout. Ben c'est pas étonnant, leur disque dur est vierge: les informations sont encore bien "classées" comme du monde et le processeur est très rapide: y a pas trop d'infos pour le ralentir. Alors moi, avec toutes les niaiseries que je retiens, qui sont encore sur le bureau de mon ordi personnel, je peux planter n'importe quand ! C'est clair ! Et je me retrouve à chercher des informations très importantes (et à les oublier) parmis des estis de niaiseries comme la couleur des cheveux que la fille qui travaille avec moi voulait mais que son coiffeur a pas compris.
Ça m'enrage ! C'est quoi cette manie de la complicité extrême ? Est-ce que ce n'est pas une sorte de gage de culte du secret ? Est-ce qu'on peut s'en servir pour faire du chantage ? Est-ce que c'est une manoeuvre initiatique ? Maintenant que je t'ai dit telle chose, tu fais partie de mon club ? J'aimerais mieux qu'on me demande de battre une petite grosse pour entrer dans le club, au moins ça serait clair comme code et je pourrais refuser ouvertement. Et je n'aurais pas de remords ! Mais non, il y a une initiation et personne ne nous le dit clairement ! Pis pas plus fine, même si on a déjà été initiée ailleurs, on recommence.

lundi 12 novembre 2007

A dit qui dit que t'as dit...



Y a rien de plus énervant que les gens qui répètent ce que les autres ont dit... Le genre qui dit qu'un tel était pas content quand vous avez énoncé telle chose... Jamais moyen de savoir le fin fond de la vérité. Il y a des gens qui sont spécialisés dans les activités d'agitation. Ils sont toujours au courant de tout ce que les autres pensent et savourent les confidences qu'ils réussissent à soutirer pour mieux les propager par les chemins les plus torves possibles.

Les agitateurs ! Ils sont d'abord subtils et se montrent sous un jour complice et sympathique. Ils ont entendu dire que... Ils pensent que.. Ils nous veulent du bien, sont notre ami, nous protègent, veillent sur nous et sur notre bonne réputation... Et nous, innocents hypnotisés par cette bienveillance sirupeuse, on ne voit pas venir le coup... Parce que là, tout-à-coup, le vent se met à tourner et nos propres armes se retournent contre nous sans que nous sachions d'où provient cette rebiffade soudaine de certaines personnes qui ne devraient même pas savoir que nous existons...

Ok, trève de parabole. En général, ce sont des filles, mais le fif fini peut aussi faire partie de cette catégorie. Les conversations se passent d'abord dans le corridor d'un bureau, puis elles se trainent dans la cuisine du premier étage devant la machine à café, et enfin, elles se glissent dans l'alcôve de votre propre bureau et la première chose que vous savez, votre porte se referme derrière l'agitatrice qui entre et s'asseoit... C'est l'heure de la confidence.

Le pire c'est quand l'agitatrice dit qu'elle travaille pour vous, qu'elle agit pour votre bien, qu'elle vous a défendu, qu'elle est de votre côté... Alors là, c'est là que son oeuvre opère de la pire façon. Parce que soudainement, elle instigue, elle questionne, elle fouille pour votre bien-être... Et vous pensiez que vous étiez à l'abri, loin des commérages et des mesquineries mais découvrez avec horreur, que vous faites partie de ceux qui ont un ennemi. QUOI ? Car en vous apprenant qu'elle vous a défendu, l'agitatrice vous apprend que quelqu'un parle contre vous ou met en doute votre bonne volonté et votre loyauté. Ça y est ! Vous êtes innoculé par la méfiance et vous mordez à l'hameçon que l'agitatrice a sciemment, lentement et sournoisement lancé dans la mer de votre tranquilité... Sans le savoir, vous vous mettez à répondre aux attaques d'un assaillant imaginaire de plus en plus virulent et par le fait même, vous nourrissez l'agitatrice qui a de quoi relancer quelqu'un d,autre comme quoi vous parlez dans son dos... Et vous avez dit cela... et vous réagissez comme ceci ... et vous pensez que... et vous êtes fâché contre...

Il a dit que tu avais dit qu'il voulait dire que tu pensais qu'il était comme cela... La guerre est ouverte et vous voilà en première ligne contre un assaillant ennemi qui ne vous a jamais entendu prononcer quoi que ce soit mais qui est aussi monté contre vous que vous l'êtes contre lui. L'agitatrice jubile... mais si l'un de vous la surprenez en plein mensonge ou en train de s'empêtrer dans ses "rapportages", regardez-la bien patiner et essayer d'éteindre les feux. C'est en général peu gracieux parce que l'agitatrice sait partir les feux mais elle est un piètre pompier volontaire.

Gare aux agitatrices ! Ne les laissez pas oui-dire. Faites-leur comprendre le plus rapidement possible que vous ne vous adressez qu'aux personnes vivantes et présentes ! Et coupez-lui le sifflet ! Dites-lui de ce pas que vous ne voulez pas entendre son piaillage inutile et que vous ne mangez pas de ce pain-là...

Moi, il est un peu tard pour le dire, là, mais bon, la prochaine agitatrice, je saurai la reconnaître... C'est mon année de crosseuses, je crois. Après la manipulatrice, l'agitatrice. Une de ces années où j'accumule les expériences initiatrices et où j'apprends ! C'est bon ça, non ? J'apprends en criss !

mardi 6 novembre 2007

Eille, ça va faire !

WWT: Woh, woh, tabarnac.

Y a pas quelqu'un qui gère le pourcentage de merde accordé à quelqu'un au pouce carré, au mètre près ? Un genre d'inspecteur qui contrôle la qualité et la quantité de merde et ce, avant même qu'elle pogne dans la fan...? Ou si on pas le budget pour des effectifs, simplement un gadget, un espèce de "gage" qui détermine que tu as atteint le seuil de saturation, un meter de merde ?

Je parle même pas pour moi, je parle pour ma chum ME... Qui vient d'apprendre aujourd'hui, ce matin, il y a 45 minutes, en ce mardi matin mi-gris, mi-beige, qu'elle allait devoir se battre contre la troisième attaque de cancer de mes deux. C'tu moi ou je vieillis et j'en entends plus autour de moi ?

OK. Je vieillis, c'est certain, merci de me le rappeller, mais c'est pas rassurant.

Faut que je change de sujet parce que je vais être plate. Mais j'ai rien qui me vient à l'esprit. C'est comme le petit point sautillant d'un électrocardiogramme qui devient soudain une ligne continue avec le son stridant ... Rien, niet, nada. Chus plate hein ?

Est-ce qu'on peut atteindre son quota de niaiseries ? Ça serait assez injuste de savoir qu'on aura toujours de la merde à revendre qui peut nous tomber dessus mais qu'un jour, on pourrait atteindre son quota de bonnes blagues, de conneries et autres choses pas sérieuses du tout qui nous font rire...

J'ai reçu ce matin un PPS. Ces fameux diaporamas qui fuck ton ordi. C'est une curieuse méthode utilisée maintnant pour dire aux gens qu'on les aime. Tu ne connais pas trop quelqu'un, tu le trouves fin, t'as envie d'être son ami: bien voyons, envoies-lui un power point avec des photos de tits chats ou de bébés avec de la vaseline dans la lentille et il saura tout ce que ton coeur n'ose avouer de vive voix. Tu l'aimes. Et pour le lui prouver, envoies-lui aussi un mauvais sort s'il ne trouve pas 10 personnes minimum à qui le retourner.

Pas évident ça, trouver 10 amis à qui tu veux avouer ton amour... Ça peut te confronter à une terrible réalité: tu ne connais pas assez de monde que tu aimes pour leur envoyer cet aveu sirupeux plein de phrases toutes faites et de grandes vérités genre: "Aujourd'hui est le premier jour de ta vie", "un ami est là, même dans les moments difficiles" (quoi ? C'est sa faute en plus ?), "c'est dans les grandes épreuves qu'on voit nos vrais amis" (avant ça, ils sont invisisbles ou c'est des fichus menteurs ?) Ou comme le PPs que j'ai reçu ce matin: "Quand une porte du bonheur se ferme, une autre s'ouvre... " Alors maintenant on peut avoir le bonheur à deux portes ou à quatre portes ? FUCK ! Je me suis faite avoir !!! Moi j'ai juste un petit bonheur compacte et probablement en version économique... J'aurais du prendre le modèle 4 portes avec hayon, toît ouvrant et vitres électriques ! Pis ma ME aussi s'est fait fourrer, je pense... Mais je lui dirai pas... Les amis, c'est fait pour ça !




mardi 30 octobre 2007

La mère à Bob

Samedi matin est parti un autre pan de mon histoire, une page de mon adolescence, un morceau de ma vie, découpé en pièces de puzzle dont on ne connaît jamais le dessin final.

Ma belle Bob a perdu sa maman. mais en fait, elle l'avait déjà perdue il y a longtemps. Depuis que sa mère n'était plus sa mère, que la mamie de ses enfants n'était plus la mamie.

Ça a commencé par des petites choses anodines... Plus de sacs de plastiques que la normale, des piles de pots de yogourt entassées dans le garde manger, des voisines qui se plaignent du caractère de Hélène qui a toujours été si douce... Puis Bob a emmené la belle Hélène voir le médecin qui lui a fait passer des tests tellement faciles qu'elle a échoué et tout s'est écroulé. Quelle heure est-il, quelle année sommes-nous, dessinez-moi un cercle dans un carré... Hélène est sortie de là insultée , certaine que le doc l'avait fait exprès pour l'humilier... Et ma Bob était sous le choc. C'était donc ça ! C'était donc aussi évident ?

Puis Hélène a fait sa visite du centre pour personnes agées en disant cent fois au directeur que c'était pas pour tout de suite... Et elle y est allée, s'est retrouvée dans une petite chambre, s'est fait voler sa belle chemise, a perdu sa belle bague, s'est fait rationner ses cigarettes... Et les petits enfants ont espacés leurs visites parce qu'on les protégeait de la sale vie plate qui prend les mamies pour des sacs à trous. Pour ne pas qu'ils voient que la vie s'en va de nous par des chemins pas mal torves, pernicieux et silencieux.

Hélène est partie. Il reste mes 14 ans dans la chambre de Bob, sa robe de bal faite à la main qui ressemblait à une couverture de Vogue des années 60, tout ce que sa mère transformait avec ses doigts de fées, les choses qu'elle gardait de ses belles années à elle, dans son coffre de cèdre et qu'elle sortait à Bob qui les portait... Il reste sa cigarette allumée perpétuellement, comme un butch éternel mais jamais vulgaire, son petit verre de coke (qui sentait autre chose des fois...), ses cheveux gris argent, ses petits yeux bleus électriques qui voyaient tout et sentaient tout... Et charmeurs, tellement charmeurs !

Hélène c'est nos coupes de cheveux réciproques à minuit et demi et nos essais ratés sur la couleur des miens... Et la nappe toujours dressée pour le lendemain, où son Roger tartinait ses toasts le matin en découvrant des mèches de cheveux oubliées... Roger silencieux qui nous confondait Bob et moi et dans la bouche de qui mon surnom sonnait comme un aveu difficile à faire.

Hélène c'est son fauteuil bleu, les veillées sur le balcon d'en avant, les grilled cheese au fer à repasser, le garde-manger toujours plein... C'était la négociatrice, l'intermédiaire, le gérant, la confidente, la complice, la voix de Roger... Elle me manque comme mon adolescence me manque et ne reviendra pas. Mais il y a Bob et bon Dieu, Bob, t'es pareille comme ta mère, le petit butch en moins... !